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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 15:10

David Douillet a remporté le second tour devant le socialiste Frédérik Bernard, dimanche à Poissy. (Crédits photo : AFP)

Élu député des Yvelines avec 52,10 % des voix, l'ex-judoka a reçu les félicitations du président.

 

21 h 55 à Poissy, centre Blanche-de-Castille : Xavier Bertrand passe son téléphone portable à David Douillet. Au bout du fil : Nicolas Sarkozy. Sans attendre la proclamation des résultats officiels, le chef de l'État veut être le premier à féliciter le nouveau député des Yvelines. «Bravo mon David. Tu es la meilleure réponse qu'on pouvait avoir», se réjouit le président. David Douillet (40 ans) remercie le chef de l'État. Il est ensuite applaudi par toute son équipe, par le patron de l'UMP, qui est venu en personne à Poissy et, bien sûr, par les élus des Yvelines dont Valérie Pécresse et Pierre Cardo, député de la circonscription voisine et véritable mentor de l'ex-judoka pour son baptême du feu électoral.

 

Accueilli par ses supporteurs telle une rock-star, David Douillet est monté à la tribune du Centre artistique de Poissy. Satisfait d'avoir rempli son contrat, le nouveau député UMP a confié que son élection était le «résultat de cinq semaines de travail sur le terrain à écouter les électeurs». «Les gens ont compris que je n'étais pas là pour faire du cinéma, mais pour travailler. Une campagne, ça se gagne sur le terrain, pas à Paris avec les journalistes», a lancé l'ex-champion des tatamis, ajoutant que la polémique sur Jean Sarkozy ne l'avait pas pénalisé. «Si cela avait été le cas je ne serais pas là.»

 

Soulagé par cette victoire finalement assez nette (1 000 voix d'écart), Xavier Bertrand a immédiatement lancé la riposte : «Les électeurs ont parlé. C'est un très très beau succès. Cela remet les pendules à l'heure. Il y a eu beaucoup de bruit médiatique ces derniers jours. Il y a ce soir la vérité des électeurs. Je préfère celle-ci.»

 

Il faut dire que cette législative partielle avait pris ces derniers jours des allures de test politique à mi-mandat alors que la majorité traverse une mauvaise passe avec les polémiques successives sur le livre de Frédéric Mitterrand et l'élection promotion de Jean Sarkozy à la tête du quartier d'affaires de la Défense. Tous les projecteurs médiatiques étaient du coup braqués sur la 12e circonscription des Yvelines, où David Douillet tentait de conserver ce fief UMP après la condamnation de l'ancien député Jacques Masdeu-Arus, déchu de son mandat à cause d'une affaire de pots-de-vin.

 

Une campagne de proximité

Arrivé largement en tête à l'issue du premier tour avec plus de 44 % des voix, David Douillet a donc conservé assez d'avance pour battre son challenger socialiste, Frédérik Bernard. Il devance au final son adversaire avec 52,10 % des voix. Un score assez proche de celui obtenu en 2007 par Jacques Masdeu-Arus.

 

Le parachutage du champion olympique de judo en politique est donc parfaitement réussi. Proche de Jacques et Bernadette Chirac, David Douillet a conduit une intense campagne de proximité qui a payé. Il s'est bien gardé d'intervenir dans les polémiques des dernières semaines au point de refuser de répondre aux questions des journalistes. Pas question par exemple de prendre position dans un sens ou un autre sur l'affaire de l'Établissement public d'aménagement de la Défense. Sa stratégie l'a finalement protégé.

 

La gauche, elle, n'a pas réussi à profiter du trouble créé par la polémique sur le fils du président de la République. Arrivé deuxième (avec 21,87 %), Frédérik Bernard n'a pas pu combler son retard, en recueillant 47,90%. S'il a à peu près fait le plein des voix écologistes, MoDem et Front de gauche, le maire de Poissy n'est pas parvenu à provoquer un sursaut suffisant chez les nombreux abstentionnistes. Même si la participation est en hausse de presque cinq points par rapport au premier tour, où elle avait frôlé les 70 %.

 

Mauvais perdant, le candidat socialiste a fustigé un «coup people de Nicolas Sarkozy». «C'est peut-être ce soir la victoire de David Douillet, mais c'est l'échec de Nicolas Sarkozy», a lancé l'élu PS, battu d'une courte tête à Poissy (de 127 voix) ville dont il est le maire depuis mars 2008.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 21:04

Réductions sur les billets d'avion, départ pour l'aéroport en limousine, cagnotte «vacances»…. Certaines cartes Visa ou MasterCard offrent des avantages exclusifs auprès des compagnies aériennes ou des voyagistes.

Une carte Visa ou MasterCard identique à celle proposée par les banques, dotée des mêmes assurances… mais qui offre de surcroît quelques privilèges exclusifs aux amoureux des voyages ! C'est le concept à la mode dans les compagnies aériennes ou chez les «tour operators», qui n'hésitent plus à proposer des cartes bancaires signés de leur nom à leurs clients. Air France, qui avait déjà un partenariat avec American Express, vient par exemple de lancer sa propre carte Visa. Vendue 20 euros la première année (30 euros par an ensuite), elle offre 10% de réduction sur l'achat du premier billet, et jusqu'à 20% sur les ventes à bord. Luftansa en avait fait autant quelques mois plus tôt, pour ses clients français, avec des cartes MasterCard, standard ou Gold. Avantage: 3.000 ou 5.000 «miles» gagnés lors de la souscription, puis un «mile» supplémentaire obtenu pour chaque euro dépensé avec la carte. Des «miles» qui s'ajoutent à ceux accumulés grâce au programme de fidélité de la compagnie, pour obtenir des billets gratuits.

 

Des paiements qui rapportent

 

Et les compagnies aériennes ne sont pas seules en lice. Nouvelles Frontières a déjà depuis plus d'un an sa carte Visa (28 euros par an, moitié prix la première année). Chaque fois que le client paie avec elle, 0,2% du montant de ses achats (1% pour ceux effectués chez Nouvelles Frontières) sont crédités sur un Compte épargne vacances, destiné à financer la prochaine escapade…. avec Nouvelles Frontières. Havas Voyages offre la même formule depuis mars dernier, avec une carte MasterCard classique (32 euros par an). En prime, cette carte permet de payer en trois ou quatre fois sans frais. Principal avantage pour ces enseignes: le client pense à elles chaque fois qu'il ouvre son portefeuille pour régler un achat et sort le précieux rectangle de plastique.

Ces cartes ont tout pour plaire. Leur cotisation annuelle est légèrement inférieure à celle de la même carte souscrite dans un grand réseau bancaire. Et les retraits aux distributeurs sont rarement facturés, alors que la plupart des grandes banques prélèvent des frais aux clients qui font plus de trois ou quatre retraits par mois dans les distributeurs des établissements concurrents.

 

Comptant ou à crédit

 

Mais ces cartes ont une particularité: elles sont adossées à un crédit revolving (appelé aussi prêt renouvelable), à consommer avec modération, car son taux d'intérêt n'est pas toujours séduisant. Par exemple, sur la carte Visa Air France, le meilleur taux proposé est déjà de 6%. Heureusement, les consommateurs qui optent pour ces cartes ont toujours la possibilité de ne pas utiliser ce prêt et de payer comptant: les dépenses réglées avec la carte sont alors prélevées sur leur compte bancaire habituel (nul besoin de changer de banquier). «Selon les cartes, les clients choisissent entre ces deux modes de règlement comptant ou à crédit- à la souscription de la carte (avec la liberté de changer d'option sur demande en cours de route), ou en fin de mois, lorsqu'ils reçoivent le relevé de leurs dépenses, ou au moment de taper leur code secret sur le terminal de paiement, lorsqu'ils règlent un achat» explique Pierre-Olivier Nau, directeur marketing, MasterCard France.

 

Privilèges…

 

Mais les clients qui ont la chance de posséder une carte très haut de gamme, Visa Infinite ou la Platinum (MasterCard), n'ont pas forcément besoin de ces cartes. Car ils profitent déjà de quelques privilèges auprès de certaines compagnies. «Par exemple, les porteurs d'une Visa Infinite bénéficient de 5% de réduction sur tous les vols de British Airways, y compris sur les offres promotionnelles, qui pourtant donnent rarement droit à des remises supplémentaires» précise David Cartier, responsable marketing des cartes haut de gamme et entreprises chez Carte Bleue. S'ils achètent leur billet chez Continental Airlines, au départ de Paris, un chauffeur viendra les chercher en limousine dans un rayon de 50 km autour de Notre Dame, pour les amener à Roissy. Quant aux détenteurs d'une Gold MasterCard ou d'une Platinum, ils ont 5% à 15% de réduction sur les voyages concoctés sur mesure pour eux par Carlson Wagonlit.

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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 10:15

Le rapport d'expertise des scellés dans l'affaire de l'assassinat du jeune Grégory en 1984 sera remis aujourd'hui au président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, Jean-François Pontonnier © AFP


Cette découverte est susceptible de relancer l'enquête sur ce fait divers, sans doute le plus médiatisé du XXe siècle, qui a donné lieu à un fiasco judiciaire et médiatique débouchant sur des réformes de procédure pénale. 
Un quart de siècle après la découverte du corps du petit Grégory dans les eaux de la Vologne (Vosges) , l'expertise des scellés, confiée depuis cinq mois à un laboratoire lyonnais, a montré la présence de deux traces ADN sur un timbre et une lettre envoyée à la famille. Ces traces d'ADN sont celles d'un homme et d'une femme, assure le procureur général de la cour d'appel de Dijon Jean-Marie Beney, confirmant une information du Parisien/Aujourd'hui en France . Cette lettre avait été adressée par le corbeau à Albert Villemin, le grand-père de Grégory, en juillet 1985, soit neuf mois après la découverte du corps du garçonnet. Selon le procureur général, l'auteur de la lettre affirmait : "Je vous ferai la peau à la famille Villemin". 

Le rapport d'expertise des scellés doit être remis jeudi au président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, Jean-François Pontonnier. Ce dernier aura alors "tout loisir, après en avoir pris connaissance, d'en avertir les différentes parties", affirme Jean-Marie Beney. 

Les parents de Grégory, Jean-Marie et Christine Villemin, avaient saisi en 2008 le procureur général de Dijon en demandant la réouverture de l'instruction, pour une nouvelle recherche d'ADN. Jean-Marie et Christine font alors valoir que, en vingt-quatre ans, les progrès de la science ont évolué, notamment dans le domaine de la génétique. Depuis mai dernier, le laboratoire Biomnis (ex-Mérieux) a manipulé les vêtements que Grégory portait le jour de son assassinat. Les cordelettes entourant ses pieds et poignets, une seringue et un conditionnement d'insuline trouvés sur les lieux, des enveloppes, des lettres et timbres du corbeau ont également été passés au crible. Les experts ont aussi retrouvé l'ADN identifiable du petit Grégory sur la manche de son anorak. 

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 10:18
Depuis septembre, Axel Duroux (à gauche) devait seconder Nonce Paolini dans l'exercice de ses fonctions à la tête de la chaîne privée. Crédits photo : Le Figaro

Axel Duroux, le numéro un bis, quitte TF1 aujourd'hui. Il n'a pas réussi à trouver sa place face à Nonce Paolini, le PDG de la chaîne privée.

Pendant que M6 rafle le match aller des barrages de la Coupe du mondeentre l'Eire et la France, la guerre des chefs entre dirigeants de TF1 s'est soldée par la victoire de Nonce Paolini. Axel Duroux, l'ancien président du directoire de la radio RTL, désigné comme numéro un bis en juin, quitte le groupe ce vendredi. «TF1 et Axel Duroux ont décidé de se séparer d'un commun accord pour divergences de vues stratégiques sur la conduite de l'entreprise», indique un communiqué du groupe. En conséquence, «Axel Duroux quitte TF1 ce jour».

Martin Bouygues, l'actionnaire principal, a donc tranché le différend entre les deux hommes. Il n'a pas voulu désavouer Nonce Paolini, l'un de ses fidèles, ancien DRH de TF1 avant de diriger Bouygues Telecom.

Axel Duroux disposait d'un contrat spécifiant qu'il devait être nommé directeur général délégué en novembre, titre qui devait lui donner la signature sur tous les sujets. Mais depuis l'arrivée d'Axel Duroux dans les locaux de TF1, le 15 septembre, c'était la guerre. Pendant près de trois semaines, il a tenté de prendre la main sur tous les sujets, comme son titre de numéro un bis le lui permettait. Mais, à chaque fois, Nonce Paolini lui a rappelé qu'il était le décideur en dernier ressort.

Le conflit s'est cristallisé autour de l'information. Quand Axel Duroux a voulu en prendre les rênes, Nonce Paolini lui a rétorqué que l'information était un domaine réservé. Axel Duroux a exigé que le différend soit tranché devant Martin Bouy­gues, l'actionnaire principal. Ce dernier a reçu les deux hommes et a, momentanément, apaisé le conflit en distribuant les rôles : à Axel Duroux, la gestion des contenus, et à Nonce Paolini, celle du groupe.

 

Désaccord sur la stratégie du groupe

 

Pendant quinze jours, ce partage a fonctionné, Nonce Paolini ne participant pas aux différents comités sur l'antenne. Jusqu'à ce fameux séminaire de Chantilly, il y a une semaine. Devant une centaine de cadres, les deux hommes ont laissé éclater leurs divisions, comme l'a rapporté La Correspondance de la presse. À Nonce Paolini, qui estimait que l'audience de la chaîne était arrivée à l'étiage à 27 % de part d'audience, Axel Duroux a répliqué qu'il ne fallait pas s'en contenter et qu'il fallait partir à la reconquête des 30 %. Le malaise s'est épaissi lorsque les cadres présents ont exprimé, par un vote, leur désapprobation sur la stratégie du groupe. Jean-Pierre Pernaut, présentateur du «13 heures», représentant syndical et membre du conseil d'administration de TF1, s'est amèrement plaint que l'on parle plus de stratégie que de contenus. Dans l'état de guérilla permanent qui agite le groupe, un nouvel incident a eu lieu, en début de semaine. Nonce Paolini a fait venir Laurence Ferrari, présentatrice du 20 heures, sans prévenir Axel Duroux. Ce dernier a répliqué qu'il avait, conformément à l'arbitrage de Martin Bouygues, la haute main sur l'information.

Le fond du problème est qu'Axel Duroux a été appelé à la rescousse en juin 2009, lorsque la chaîne était au plus mal. Mais la colère de Nicolas de Tavernost et des dirigeants allemands de RTL Group l'a obligé à faire son préavis. Il n'est donc arrivé que trois mois plus tard chez TF1. Pendant ce temps, le groupe avait passé un très bel été, et sa rentrée audiovisuelle a confirmé cette remontée d'audience. Par ailleurs, le marché publicitaire, très déprimé au premier semestre, a rebondi en septembre. Axel Duroux avait perdu son rôle de sauveur. L'épilogue s'est joué vendredi matin.
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 10:23
C'est «une décision courageuse, d'apaisement et c'est une démarche personnelle qui l'honore», a réagi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui est également le parrain de Jean Sarkozy. Crédits photo : AFP

RÉACTIONS - Les membres de la majorité saluent «la maturité» du fils du président de la République, alors que l'opposition se satisfait que Jean Sarkozy ait cédé face à l'«indignation populaire».

• Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur et parrain de Jean Sarkozy : C'est «une décision courageuse, d'apaisement et c'est une démarche personnelle qui l'honore», a affirmé Brice Hortefeux lors de l'émission «A vous de juger». Selon lui, «on ne pouvait imaginer» que la candidature du fils cadet du chef de l'Etat à la présidence du plus important quartier d'affaires d'Europe créerait «une polémique de cette nature». Il y a eu des «mensonges, du mépris, de l'arrogance et de la stupidité», a ajouté celui qui est également le parrain de Jean Sarkozy.

• Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP : «Je salue la décision que Jean Sarkozy», a-t-il déclaré sur France Info. «Elle témoigne de sa maturité incontestable et de son sens de l'intérêt général et je souhaite qu'il puisse accéder à des fonctions importantes, à la mesure de son talent. Cet homme est jeune mais il est courageux».

• Jean-Christophe Fromantin, maire DVD de Neuilly-sur-Seine : «Les deux dernières semaines m'ont rappelé la campagne de (David) Martinon à Neuilly pendant les municipales de 2008». «Comme la candidature de David Martinon, celle de Jean Sarkozy n'avait pas de sens, il n'y avait pas de projet dans les débats. Il était temps d'arrêter ce cirque qui n'avait aucun sens, ni logique ni fondement».

• Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP : «Je crois que les millions de Français qui l'ont écouté [jeudi soir, NDLR] ont compris ce soir pour quelle raison la majorité UMP-Nouveau centre du département était derrière lui et considère qu'il a parfaitement la légitimité, la maturité, il en a fait la preuve , pour être candidat», a expliqué Frédéric Lefebvre, estimant que la campagne qui a été menée contre le fils du chef de l'Etat n'était «pas ragoutante, c'est le moins que l'on puisse dire».

• Thierry Solère, vice-président UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine : «Il y a une partie de l'opinion publique, manipulée par l'opposition, qui réagissait mal à sa candidature à la présidence de l'Epad. Donc, il a fait preuve de maturité et de sa capacité à écouter l'opinion, et il a pris ses responsabilités». «Nous, conseillers généraux des Hauts-de-Seine avons fait confiance à Jean Sarkozy. Il est légitime, en tant qu'élu du département. Mais on a asisté depuis plus de dix jours à une campagne de dénigrement contre Jean Sarkozy».

• Hervé Marseille, conseiller général des Hauts-de-Seine (Nouveau Centre), qui a laissé sa place au conseil d'adminstration de l'Epad à Jean Sarkozy: «Ce candidat dont on disait qu'il était trop jeune, qu'il n'avait pas assez d'expérience, a donné là une belle preuve de maturité, en disant qu'il avait tiré des conséquences, et qu'il ne voulait pas voir la situation empirer». Il était face «à une interdiction médiatique d'être candidat».

 

«Médicalement parlant, c'est rassurant»

 

• Benoît Hamon, porte-parole du PS : «Le président de la République a reculé sous la pression de l'indignation populaire et d'une immense majorité des Français», a déclaré l'ex-député européen. «Le président de la République a demandé à son fils de renoncer à une fonction pour laquelle, manifestement, il n'était pas prêt» et relevait «du favoritisme évident», a-t-il ajouté. «C'est bien qu'il soit revenu sur terre» et «ait reculé sur une décision qui était inacceptable et incompréhensible».

• Henri Emmanuelli, député PS des Landes : «Il a un accès de lucidité. Médicalement parlant, c'est rassurant. C'est une grave erreur qu'ils étaient en train de commettre».

• Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis : «Dans la population, on sentait que cette caricature était devenue une caricature du système de Sarkozy père. C'est plutôt un recul stratégique. Il va falloir démontrer que c'est une simple posture et que c'est la politique cachée par tout ce système qu'il va falloir continuer à combattre».

• Arnaud Montebourg, président PS de Saône-et-Loire : «C'est un pouvoir, acculé, fragile,qui renonce à commettre un acte abusif. C'est la preuve que les combats que nous menons dans tous les domaines peuvent conduire un gouvernement abusif à reculer», a commenté le secrétaire national PS à la rénovation.

 

«Personne ne peut accepter de tels actes de népotisme»

 

• Jean-Luc Mélenchon, Parti de gauche : «J'en suis bien content» parce que la décision de Jean Sarkozy «n'a qu'une seule et unique signification. Le président de la République avait lui-même situé l'enjeu, en disant que dans cette affaire, celui qui était en cause, c'était lui-même».

• Nadine Garcia, Parti communiste : «Dans notre pays, personne ne peut accepter de tels actes de népotisme. Je suis ravie si la mobilisation peut conduire le président de la République et son fils à changer d'attitude», a déclaré la conseillère générale (PCF) des Hauts-de-Seine, Nadine Garcia, qui maintient sa candidature à la tête de l'Epad. Selon elle, les nombreuses réactions qui ont accompagné cette candidature, «en France et à l'étranger», ont «tourné le pays en ridicule».

• Marine Le Pen, Front national : «Je crois que Nicolas Sarkozy commence à se rendre compte que son attitude de mépris et de cynisme à l'égard de l'indignation légitime qui avait saisi le peuple ne pouvait plus durer», a déclaré Marine Le Pen. «Il recule sur la nomination de son fils. Cela démontre que quand les Français se font entendre, ils peuvent influer sur un pouvoir qui se prend pour monarchique», a ajouté la vice-présidente du FN.

• Christophe Grébert, conseiller municipal Modem de Puteaux et initiateur de la pétition contre la nomination de Jean Sarkozy : «C'est une belle victoire», a relevé l'élu sur son blog. «Malheureusement, [Jean Sarkozy] gâche un peu ce geste de bon sens en parlant de «campagne de manipulation et de désinformation». Nous serions des citoyens incapables de penser». «La première semaine, le fils du chef de l'Etat, fils d'un génie et donc génie lui-même, était le candidat idéal, celui qui, par sa jeunesse et son dynamisme, allait renouveler la politique [...] La seconde semaine, l'argumentaire avait déjà été un peu modifié : la fonction de président de l'EPAD devenait insignifiante, symbolique». Et Christophe Grébert de relever : «Quelle incroyable erreur politique, tout de même, toute cette affaire !»

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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 20:21

Huit condamnations, 30 ans déjà passés en prison : l'homme comparaît lundi pour le viol du jeune Enis.

Lundi, au premier jour du procès, Francis Evrard a reconnu l'ensemble des faits, invoquant des «pulsions» et des agressions sexuelles subies dans son enfance. «Il est temps de dire que c'est vrai. J'ai toujours un doute, mais je pense qui si on dit que je l'ai fait, c'est que je l'ai fait», a déclaré l'accusé, 63 ans. Evrard avait reconnu le viol en garde à vue, avant de se rétracter. Jusqu'ici, un doute persistait quant à la qualification de viol.

«Il représente une impasse tant pour la psychiatrie que pour la répression pénale.» Telle avait été la terrible conclusion rendue en 1974 par l'un des nombreux experts qui se sont penchés sur le cas de Francis Evrard. Son parcours est synonyme d'échec judiciaire et carcéral : huit fois condamné, Francis Evrard a récidivé après chaque sortie de prison. Son procès pour le viol du jeune Enis en 2007 s'ouvre aujourd'hui devant la cour d'assises du Nord.

Son casier judiciaire ne constitue d'ailleurs qu'une biographie incomplète de la vie de cet homme de 63 ans, né le 7 juillet 1946, qui a passé plus de trente ans derrière les barreaux. Entre des peines anciennes depuis effacées, des affaires qui n'ont pas donné lieu à des poursuites ou qui se sont déroulées en Belgique, Francis Evrard aurait fait plus de victimes que celles pour lesquelles il a été jugé. Certainement pas deux cents, comme il l'avait prétendu à un expert psychiatre en 1987. Ni même quarante, comme il l'avait avoué en 2007.

Ce fils unique, qui a vécu à Roubaix dans un milieu modeste d'ouvriers, a très tôt présenté une personnalité inquiétante. Des tendances pédophiles perverses sur fond d'incapacité à refréner ses pulsions. Parcours terrifiant : adolescent, adulte ou vieillissant, Francis Evrard a passé sa vie à reproduire le même scénario obsédant et à l'infliger à des enfants. Des actes qui, au regard du Code pénal, constituent des viols.

 

Reproduction d'une photo parue dans la presse en 1984 de Francis Evrad.
Reproduction d'une photo parue dans la presse en 1984 de Francis Evrad. Crédits photo : AFP

 

C'est tout d'abord par des vols que Francis Evrard, à 12 ans, attire l'attention en même temps qu'il cesse l'école. Il est placé dans un foyer près de Lille. De retour chez ses parents, il commet d'autres larcins. Mais à 16 ans, en 1962, il fait une première victime et est envoyé dans un centre de redressement dans les Vosges. Puis, Francis Evrard passe la frontière et se retrouve en Belgique. Il s'y fait remarquer en portant un revolver à plomb, en dissimulant du matériel de cambriolage ou encore en vidant les troncs des églises. Plus grave, en 1969 et alors qu'il a 23 ans, il agresse un autre jeune garçon à Mouscron. L'expert qui l'examine estime qu'il «présente des anomalies graves» et qu'il est «socialement dangereux». Francis Evrard rejoint durant quatre ans une structure spécialisée belge de type «prison-hôpital». Expulsé ensuite du pays, il y retourne et peut même s'y installer car on lui reconnaît entre-temps la double nationalité franco-belge.

En 1975, le couperet tombe. Devant les assises du Nord à Douai, où il comparaît pour attentat à la pudeur sur un mineur, il est condamné à quinze ans de réclusion criminelle. Après d'autres affaires de vols et d'agressions, il est à nouveau jugé en 1989 devant les mêmes jurés du Nord pour viol et se voit infliger une peine de vingt-sept ans de réclusion criminelle.

D'année en année, les peines se sont donc alourdies mais depuis le début de ce parcours criminel, les expertises psychiatriques dépeignent le même homme. Toutes évoquent «la personnalité perverse» de Francis Evrard qui «conscient de ses actes n'éprouve aucun sentiment de culpabilité». Toutes encore insistent sur «sa dangerosité criminologique» et sur «le risque de récidive». Enfin, Francis Evrard, qui dit avoir été lui-même violé à l'âge de 10 ans et qui évoque des «pulsions», n'est guère disposé à se soigner. «S'il accepte aujourd'hui un traitement hormonal, c'est uniquement dans un but utilitaire afin de sortir de détention», souligne un médecin en 2000.

 

Les dysfonctionnements du système carcéral

 

Une seule expertise en 1987 a jugé qu'il n'était pas pénalement responsable. «Il est bien évident que la prison ne sert strictement à rien dans le cas de M. Evrard», souligne son auteur. Fait certain, le profil du détenu n'a pas évolué au long de son parcours carcéral. Le suivi des délinquants sexuels, en prison mais aussi une fois libérés, devrait être au cœur des débats qui commencent aujourd'hui. Les dysfonctionnements du système carcéral devraient d'ailleurs constituer le point de convergence entre les parties civiles et la défense. «Cette affaire illustre l'insuffisance des moyens humains et financiers pour lutter contre la récidive», selon Me Olivier Morice, avocat d'Innocence en danger.

Libéré en juillet 2007, Francis Evrard, n'avait guère eu de rendez-vous avec le service de probation, selon Me Emmanuel Riglaire, l'avocat de la famille du jeune Enis. C'est de lui-même que l'ancien détenu avait alors poussé la porte du service de Rouen. «Mais on lui a répondu de revenir plus tard car son dossier n'était pas prêt», déplore l'avocat. Quelques jours plus tard, Francis Evrard s'en prenait au petit Enis.

 


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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 08:55
Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Le gouvernement lance mardi une expérimentation portant sur une cinquantaine d'entreprises volontaires.

La RATP, Accor, Axa : rares sont encore les entreprises qui effectuent leurs recrutements sur la base de CV anonymes. Mesure plébiscitée en 2006 pour son rôle dans la lutte contre la discrimination à l'embauche, votée dans le cadre de la loi sur l'Egalité des Chances, elle n'a pourtant jamais juridiquement vu le jour, ses décrets d'application n'ayant simplement pas été publiés. «Force est de constater que ni le monde de l'entreprise ni les syndicats n'ont réellement bougé sur cette question depuis 2006», estime aujourd'hui Yazid Sabeg.

Devant tant d'inertie, le gouvernement souhaite donc relancer cette pratique par le lancement, mardi à l'Assemblée nationale, d'une expérimentation. Durant six mois, une cinquantaine d'entreprises volontaires de toutes tailles s'engageront à recruter au moins partiellement sur CV anonyme, et à adopter pour ce faire un cadre unique, selon un cahier des charges déterminé au préalable. Pôle emploi, qui jouera un rôle de coordinateur de l'opération, fera également partie des organismes participants.

 

Sept départements concernés

 

Du traditionnel curriculum vitae, l'accord prévoit ainsi de bannir nom, prénom, âge, sexe, date et lieu de naissance, nationalité, situation familiale et photographie, et ce pour toute candidature, qu'il s'agisse de contrats d'intérim, de contrat à durée déterminée (CDD) ou de contrat à durée indéterminée (CDI). L'expérimentation devrait être mise en œuvre dans sept départements (la Seine-Saint-Denis, le Nord, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le Bas-Rhin, la Loire-Atlantique et Paris).

Reste cependant à savoir quel sera l'impact effectif de la mesure sur la promotion de l'égalité des chances. Si l'association partenaire A Compétence égale, productrice d'un rapport sur le sujet remis en juin à Yazid Sabeg, fait remarquer que la moitié de ses membres des cabinets de recrutements se prononcent en faveur de la mesure tandis que l'autre s'y oppose, peu d'éléments permettent à ce jour de jauger l'efficacité du CV anonyme contre la discrimination à l'embauche. L'évaluation de l'opération, qui sera conduite au bout de six mois par le ministère, devrait fournir des éléments d'analyse.

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