La seconde carrière de Bernard
Giraudeau, celle qu'il a été en quelque sorte contraint d'entamer, éreinté par le cancer (ablation d'un rein en 2000, d'une
métastase au poumon en 2005, et son combat se poursuit...), n'est pas moins brillante que la première.
Brillant comédien qui s'est illustré tant à l'écran, petit comme grand, que sur les planches (pour l'une de ses dernières apparitions, il était formidable dans les Petits crimes conjugaux d'Eric-Emmanuel Schmitt donnés avec Charlotte Rampling au Théâtre Edouard VII en 2003), son parcours littéraire, plus facile à concilier avec sa condition diminuée, est salué.
Titulaire du titre honorifique d'écrivain de Marine, celui qui était maître de cérémonie au printemps dernier des Molières 2009 s'est vu décerner ce jeudi 6 novembre le prix littéraire Mac Orlan pour son dixième ouvrage, Cher Amour (aux Editions Métailié).
Son précédent roman, Les Dames de Nage, paru en 2007, avait déjà eu les faveurs du public (un best-seller, succès confirmé par sa réédition en édition Livre de Poche) et de la critique (Prix des lecteurs de L'Express). Cher Amour suit la même trajectoire, avec des ventes plus qu'honorables en début d'été, et cette distinction littéraire que le Rochelais n'a hélas pas pu venir chercher lors de la cérémonie donnée sur les quais de Seine, pour raisons médicales...
L'occasion, quoi qu'il en soit, de parler de ce récit sentimental à la langue impétueuse d'un voyageur séducteur, que résume ainsi la quatrième de couverture : "Un homme écrit à la femme qu'il n'a pas encore rencontrée, il lui parle de ses voyages, avec passion, avec humour, il écrit pour vivre et pour la séduire. De l'Amazonie au Cambodge en passant par le Chili, l'Indonésie ou Djibouti, il raconte des histoires extraordinaires ainsi que des paysages et des vies quotidiennes, et à ses retours à Paris, où il cherche cette inconnue, ses expériences sur des tournages de film ou au théâtre. Il nous fait partager des expériences hors du commun ainsi que sa quête de l'amour et de lui-même".
En parallèle, la rentrée littéraire continue à élire ses lauréats. Après le Goncourt attendu de Marie Ndiaye qui tord le cou à la vieille rivalité Goncourt-Femina, c'est le natif de Port-au-Prince Dany Laferrière, dont une nouvelle avait été adaptée à l'écran par Laurent Cantet (Vers le sud, avec... Charlotte Rampling), qui a permis à la maison Grasset d'accrocher un nouveau prix : le Medicis. Avec L'Enigme du retour, qui suit le retour d'un homme dans son pays natal après la nouvelle de la mort de son père, celui qui partage sa vie entre Montréal et Miami et publiait en 1985 le premier de ses nombreux ouvrages (Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer), également récompensé du Grand Prix Metropolis Bleu 2010, trouve la consécration.
Enfin, rappelons que le Prix de Flore institué par Frédéric Beigbeder, lauréat du Renaudot en début de semaine pour Un Roman français, est allé cette année à Simon Liberati pour L'hyper Justine (Flammarion).
G.J.
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